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Analyse- Crise de légitimité et de légalité d’Alassane Ouattara, déliquescence des institutions en Côte d’ivoire

Publié le par Diack gassama

Analyse- Crise de légitimité et de légalité d’Alassane Ouattara, déliquescence des institutions en Côte d’ivoire

 

Analyse- Crise de légitimité et de légalité d’Alassane Ouattara, déliquescence des institutions en Côte d’ivoire

 

Depuis plusieurs mois la côte d’ivoire est secouée par une grave crise qui n’a à ce jour trouvé d’issue. Essayons de mener quelques réflexions pour comprendre les raisons de ces blocages. Avant tout, Il apparait nécessaire de situer les faits dans leur contexte. Quatre ans plus tôt, le 08 novembre 2016, une nouvelle constitution est adoptée en Côte d’ivoire. La campagne autour de celle-ci mettait en exergue la création du sénat comme nouvelle institution et d’une vice présidence, la suppression de la limitation de l’âge pour postuler comme candidat à la présidentielle. S’agissant de la limitation de mandat, elle restait intacte. D’ailleurs l’article 183, garantit la continuité législative en ses dispositions, fixant la limite à deux mandats présidentiels.

Ceci étant, Alassane Ouattara, ses ministres et ainsi que les rédacteurs de cette constitution n’ont cessé de brandir ce verrou comme obstacle à toute velléité de 3ième mandat, y compris éventuellement celle du président sortant. Dès lors, toute ambigüité était levée. C’est donc rassuré, que le peuple ivoirien a adopté par referendum cette nouvelle loi fondamentale. Dans le fond, on pourrait aisément relever l’importunité du sénat ou de la vice présidence, nous allons y revenir d’autres lieux. Pour l’heure, notre principale préoccupation est l’impasse dans laquelle le pays plongé et les raisons. Le président sortant Ouattara, trahi contre toute attente sa parole. Est-il besoin de le rappeler, en mars 2018, Ouattara renonçait publiquement à un autre mandat. Précision de taille, même s’il souhaitait rempiler, la nouvelle constitution ne l’y autorise pas. Alors  son discours tendancieux n’avait aucun sens. Mais soit, l’essentiel était acquis, il ne se respecterait la constitution et le principe d’alternance politique. C’est tout naturellement, qu’il reçu à la suite de sa déclaration les félicitations du monde entier, pour avoir résisté à la tentation dont seuls les invétérés ont recours en Afrique. Tripatouiller la constitution pour s’éterniser au pouvoir.

Les mois qui suivront verront la désignation de feu Amadou Gon Coulibaly, comme le candidat du RHDP. Comme l’on a pu l’observer, ce choix n’a occasionné aucune émeute, ni violence. Bien au contraire, la classe politique ivoirienne en prit acte et chacun se préparait à concourir aux élections présidentielles espérant que la côte d’ivoire connaitrait une alternance démocratique. Le 8 juillet 2020, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly  candidat du RHDP décède brusquement. Les jours qui suivent laisseront les ivoiriens sans voix ? Entre sentiment de trahison et de déception .Alassane Ouattara  est bien résolu à violer la constitution. IL se porte candidat jetant en pâture la sacralité de la constitution. Candidature annoncée de surcroit le 6 Aout 2020 veille de l’indépendance du pays. Quelle indépendance a-t-il respecté, lorsqu’il  invoque le cas de force majeur pour justifier ce hold-up constitutionnel ? D’autant plus qu’aucune disposition ne prévoit le cas de force majeur qu’il prétexte pour supplanter la limitation de mandat. Les réactions ne tardent pas à se faire entendre, l’opposition et la société civile décident de manifester contre cette violation à travers la désobéissance civile. La situation s’enlise, Ouattara insiste sur la voie du forcing, faits plus graves, les microbes et milices du RHDP attaquent violemment les opposants, occasionnant plusieurs morts à travers les rues Abidjanaises et celles de l’intérieur du pays. Les derniers  rapports d’Amnesty international corroborent ces faits. En effet, du mois d’Aout à ce jour, la côte d’ivoire vit une grave crise dénombrant plus d’une centaine de morts. La police permet à des hommes armés de machettes d’attaquer des manifestants contre le troisième mandat d’Alassane Ouattara.

La légalité et le cadre constitutionnel est rompu avec sa candidature illégitime d’Alassane Ouattara aux élections. L’exclusion de 40 candidats sur 44 inscrits à la présidentielle, des poids lourd tels que Laurent Gbagbo, guillaume Soro , d’autres figures de la scène politique ivoirienne tel que Mabri Toikeusse , Mamadou Koulibaly se sont vus exclus… les candidats henri Konan bédié  et Affi N’guessan ont été formel, Les conditions ne sont pas réunies pour des élections crédibles en Côte d’ivoire. D’une part La cour constitutionnelle, a été incapable de dire le droit, faire valoir son indépendance. D’autre part, la CEI (commission électorale indépendante) n’a pas été recomposée conformément aux ordonnances de la Cour africaine des droits de l’homme. La liste électorale est truffée d’irrégularités et émaillée de fraude d’où la nécessité de procéder à un audit de la liste électorale, souligne la plateforme de l’opposition ivoirienne. C’est tout naturellement que l’appel à la désobéissance civile soit largement suivi par les ivoiriens comme constaté le 31 octobre 2020. Autre élément important, le clan Ouattara se retrouve réduit à sa plus simple expression, avec son parti minoritaire tourne le dos aux multiples appels de l’opposition à privilégier la voie du consensus et du dialogue afin d’éviter le chaos au pays. L’opposition estimant à juste titre que les élections ne pouvaient se dérouler dans un cadre illégal. Le régime RHDP ne l’entend point de cette oreille. Nous savons tous qu’est ce qu’a donné le simulacre électoral.  Que nenni ! Les ivoiriens ont absolument boudé cette parodie de scrutin. Pour preuve, la très faible participation, estimée objectivement à environ de 10% du suffrage. Ouattara opère un forcing dans l’illégalité et l’illégitimité. Cette once de légitimité qu’il souhaitait obtenir en faisant du chantage à l’ex président Laurent Gbagbo, est tombé à l’eau. Gbagbo Laurent, figure du multipartisme en Côte d’ Ivoire décline la proposition subornée des émissaires de Ouattara, à savoir reconnaitre la légitimité de la candidature de Ouattara, en échange de son retour en grandes pompes en côte d’ivoire.

S’il y’a un accélérateur de cette crise, c’est bien la déliquescence des institutions ivoiriennes, elles répondent toutes aux ordres d’Alassane Ouattara, ce qui explique cette atmosphère délétère, où les opposants  sont arrêtés arbitrairement, poussés à l’exile, où toute voix dissidente est traquée, bâillonnée. Les membres de la société civile ne sont pas exemptés,  le cas d’Edith Gbalet Pulchérie leader au sein de la société civile.  Que vaut une assemblée nationale où plusieurs députés de l’opposition son incarcérés au détriment de leur immunité parlementaire ? Le procureur d’Abidjan semble justifier son poste par la traque des opposants, tandis que les coupeurs de tête, bien visibles sur les vidéos ne sont aucunement inquiétés.  Que dire de ces condamnations à contumace motivées politiquement dont font l’objet  Guillaume Soro , Laurent Gbagbo , Blé Goudé , Akossi Bendjo .  20 ans d’emprisonnement  distribués comme de petits pains . La Cour africaine des droits de l’homme a pourtant rendu un verdict ordonnant la suspension des poursuites judiciaires de Guillaume Soro, la libération des prisonniers proches de Soro dont le député Alain Lobognon , son directeur de protocole Kamagaté Souleymane, Deux de ses frères  , plusieurs cadres de GPS sa formation politiques , la réintégration de sa candidature, ainsi que celle de Laurent Gbagbo sur la liste électorale.  Des  décisions non appliquées par le régime de Ouattara se sentant minoritaire, ne cherchez pas loin les motivations, elles restent bien entendus subsumées à ce qui suit. Le RHDP à une aversion pour la vraie démocratie, et le respect des libertés fondamentales. Ce recul démocratique est  inédit en côte d’ivoire en témoigne.

Les thuriféraires autour de Ouattara l’ont bien induit en erreur,  lui faisant croire que le peuple approuvait la violation constitutionnelle. En vérité, il s’est embourbé dans une oscillation d’illégalité et d’illégitimité. A ce titre, Il serait difficile d’exclure les acteurs majeurs de la scène politique ivoirienne d’un véritable dialogue sincère autour de la table, afin de décanter la situation en côte d’ivoire. In fine, seul le dialogue inclusif est une porte de sortie de crise en Côte d’ivoire. La libération de tous les prisonniers politiques le retour des personnalités politiques en exil et la reprise d’élection inclusives et transparentes.

                                                          Diack Gassama

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Analyse- Échec de l'élection ivoirienne, la transition civile inévitable en côte d'ivoire

Publié le par Diack gassama

Analyse- Échec de l'élection ivoirienne, la transition civile inévitable en côte d'ivoire

Au lendemain d’une parodie d’élection, que dis-je ! D’un simulacre d’élection, toute la communauté nationale et internationale est médusée. Comment après avoir déployé 35 000 Soldats, les élections ont fini par donner un taux de participation en deçà de 10% ? Plusieurs facteurs tendent à l’expliquer :

Le premier, est surement l’appel à la désobéissance civile lancée par la plateforme des groupements et partis politiques de l’opposition ivoirienne et  plusieurs organisations de la société civile. En effet, lorsque vous retrouvez dans une même plateforme des poids lourds de la scène politique ivoirienne tels que le PDCI RDA portant la candidature d’Henri Konan Bédié, FPI avec Affi N’guessan , GPS avec Guillaume Soro, UDPCI avec Mabri Toikeusse, LIDER avec Mamadou coulibaly, et bien d’autres personnalités majeures de la scène politiques ivoirienne tels que les ex ministres des affaires étrangères  Amon Tanoh, Charles blé Goudé... Ainsi que de nombreux partis politiques regroupés au sein des plateformes CDRP , EDS qui a porté la candidature de l’ex chef d’état Laurent Gbagbo…  il est de ce fait, évident que leur appel ait trouvé un large écho auprès de la population, d’autant plus que les revendications de l’opposition reposent sur des éléments tangibles. Notamment, le respect des décisions de justice de la cour africaine des droits relatives à la réintégration de Laurent Gbagbo et Guillaume Soro sur la liste électorale, et la reforme d’une CEI équilibrée tant dans sa composition centrale que locale. En outre, l’audit de la liste électorale point essentiel susceptible de garantir et rassurer les acteurs participants au scrutin. Comment évoquer la question d’élection apaisée si l’exclusion sans précédent de 40 des candidats de l’opposition est constatée? Ou encore cette avalanche d’arrestations, enlèvements arbitraires de personnalités politiques de l’opposition, attaques meurtrières de microbes et milices du RHDP. Qui n’ont fait qu’exacerber le climat sociopolitique ? 

Le second facteur s’identifie à la crise de confiance installée entre la population ivoirienne et le président sortant Ouattara Alassane qui n’a pas su vaincre la tentation du troisième mandat inconstitutionnel. Ce faisant, elle s’est sentie tout naturellement trahie. En dépit, des multiples discours et promesses du même Ouattara assurant ne pas aller au-delà de son second et dernier mandat. Mieux, passer la main à une nouvelle génération. C’est connu de la sociologie des peuples, une fois la confiance perdue, il devient quasi-impossible au gouvernant de conserver sa prestance s’il en avait, sa crédibilité s’il en jouissait, ou encore son respect … ce gouvernant devient le premier ennemi du peuple, y compris ceux qui l’auraient précédemment adulé. Dans le cas de la Côte d’Ivoire cette rupture de confiance a fortement joué en sa défaveur. Elle  sous-tend donc la volonté affirmée de l’immense majorité des  ivoiriens de ne plus lui accordé une quelconque légitimité. Ainsi donc, en plus de l’illégalité, Ouattara est confronté à l’illégitimité avec à peine 10 % du taux de participation, si ce n’est moins. La voie de l’absolutisme a montré toutes ses limites.

L’ère d’une transition civile est inévitable, à l’effet d’organiser des élections crédibles et inclusives semble propice à la facilitation de la réconciliation nationale. Entendons également, comme mission à assigner à ce gouvernement de transition, la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion. Faciliter le retour de tous les exilés politiques et candidats aux élections. Auditer la liste électorale, puis garantir une alternance démocratique et pacifique. Je reste convaincu, qu’aucune politique d’austérité ou d’exclusion ne peut prospérer en côte d’ivoire. Nation, dont la diversité est sa richesse.

 

                                                                                                                            Diack Gassama 

 

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